L’importance de la socialisation

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Lorsqu’on débute dans le monde de la cynologie (terme désignant tout ce qui se rapporte à la sélection, à l’entrainement et à l’éducation des chiens), plusieurs termes et concepts sont à connaître pour une bonne compréhension. Aujourd’hui, nous vous expliquons un concept important pour l’éducation d’un chien et pour qu’il puisse devenir bien dans ses pattes. Nous vous parlons de la socialisation.

Deux termes à ne pas confondre

Lorsque nous avons commencé nos recherches, nous sommes vite tombé sur des explications faisant référence à la socialisation. Ce terme revient de manière récurrente lorsqu’on s’intéresse à l’éducation canine. Il ne faut cependant pas confondre la socialisation de la sociabilisation (j’ai eu moi-même, au début, un peu de mal à les différencier 😐 ). Bien qu’ils soient tous deux liés à un aspect social, leurs sens sont pourtant bien différents. Le Larousse nous donne les définitions suivantes :

1. Sociabilisation : “Fait de rendre sociable.

Merci Larousse pour cette explication clair et concise (Euh… Vraiment ?). En cherchant le terme “sociable”, on trouve : “Qui se lie facilement aux autres et avec qui il est agréable de vivre”. La sociabilisation est donc l’action qui vise à former un être vivant pour lui permettre de se lier plus facilement aux autres. Cela lui permettrait donc d’interagir plus facilement avec ces congénères.

Concrètement, sociabiliser un chiot reviendrait à lui apprendre comment se comporter lorsqu’il rencontre un ou plusieurs autres chiens, à lui expliquer comment communiquer de manière claire et efficace. Le chiot apprend normalement cela aux côtés de sa mère et de ses compagnons de portée, et ce n’est donc pas de cela que nous parlons dans cet article.

2. Socialisation : “Processus par lequel l’enfant intériorise les divers éléments de la culture environnante (valeurs, normes, codes symboliques et règles de conduite) et s’intègre dans la vie sociale.

Comme on peut le constater, la définition ne ressemble pas vraiment à la précédente. Permettons-nous juste de remplacer le terme “enfant” par “chiot”. Ici, il n’est donc pas question de contacts avec les autres, mais de l’apprentissage des codes de la société dans laquelle grandit le chiot.

La socialisation nous concerne donc beaucoup plus. C’est ce principe que tout propriétaire de chien qui ne se renseigne pas un minimum n’appliquera pas. Mais c’est compréhensible, comment appliquer quelque chose qu’on ne connait pas ? Selon nous, des cours théoriques sont indispensables pour ceux qui choisissent d’adopter un chien (vous pouvez retrouver le compte-rendu de celui que nous avons suivi ici). Ces cours servent à sensibiliser les futures maîtres et à leur enseigner les bases en éducation canine !

Pourquoi la socialisation est la base d’un chien bien dans ses pattes

Ce que la définition ci-dessus veut nous dire, c’est que socialiser son chien signifie lui présenter, dès son plus jeune âge, chaque situation de la vie qu’il est susceptible de rencontrer par après, et l’y habituer. C’est en fait lui présenter notre monde, et faire en sorte qu’il le découvre de la manière la plus positive qui soit (et c’est là que les friandises deviennent intéressantes 😉 ).

Chien sur un balcon

Pourquoi agir de la sorte, vous demandez-vous ? Mettez-vous à sa place, ne vous sentez-vous pas plus à l’aise dans les endroits que vous connaissez par cœur, que vous appréciez et où vous savez comment vous devez vous comporter ? Eh bien pour un chien, c’est pareil. Il faut donc l’habituer à toute sorte de situations, et faire en sorte qu’elles soient toujours positives pour lui donner envie de les revivre.

Vous devrez donc par exemple lui présenter un maximum d’animaux différents, des personnes de tout âge, sexe, et origine, des situations diverses et variées (comme croiser des cyclistes, des voitures ou des trains), et j’en passe. À chaque fois qu’il garde son calme face à de nouvelles situations, récompenser le pour qu’il associe l’événement et le comportement qu’il a adopté à quelque chose d’agréable (comme de recevoir une friandise 😀 ).

A quel moment faut-il socialiser son chiot

Lorsqu’on adopte un bébé chien, le premier réflexe que nous avons face à cette petite boule de poil fragile est de vouloir la protéger du monde qui l’entoure. Ce premier réflexe n’est cependant pas la meilleure des idées, car il ne faut surtout pas couper son chiot du reste du monde, même si le but est de bien faire !

Au contraire, la bonne réaction est de le pousser à découvrir le monde et à faire ses expériences. LA chose qui fera la différence, c’est le contrôle que vous aurez sur chaque découverte. Faites-en sorte que chaque événement se passe toujours bien et renforcer l’aspect positif, par exemple, à l’aide de friandises.

Curiosité VS Peur

Le livre “Comment élever son chiot (au top!)” présente le principe suivant :

Le graphique ci-dessus montre comment évolue l’instinct d’un chiot face aux nouvelles expériences durant les premiers mois de sa vie. Le chiot commence par 3 semaines d’ “Éveil de ses sens”, où il ouvrira les yeux et commencera à entendre les sons. Une fois ces sens acquis, il pourra s’attaquer au monde qui l’entoure. Il commencera avec un maximum de curiosité, sans se rendre compte des dangers de la vie. Puis, au fil du temps, la peur s’installera et la curiosité lui laissera sa place. C’est aux alentours des 8 semaines que la peur prendra le dessus, et qu’il deviendra alors plus compliqué de lui faire découvrir positivement de nouvelles choses.

Une fois ce stade dépassé, toute nouvelle expérience sera perçue beaucoup plus négativement par votre petit compagnon. Par exemple, s’il n’a jamais croisé de skateboard avant, sa première réaction face à un skateboarder sera la peur et il y a de grandes chances qu’il se mette à aboyer, voire devienne agressif le jour où il en croisera. Si vous ne prenez pas la peine de le socialiser correctement, il adoptera ce comportement dans chaque situation, vous rendant la vie difficile…

Cela ne signifie pas qu’il ne sera pas possible de lui apprendre à apprécier ses nouvelles choses par la suite, mais cela vous demandera plus de patience, de temps et d’efforts. Alors autant si prendre dès le début pour se  faciliter la vie 😉

Grâce à la socialisation, vous aurez donc un chien à l’aise en toutes circonstances. Vous n’aurez pas à craindre qu’il se comporte de manière inconvenante, et serez beaucoup plus serein à vivre avec votre chien. Au final, vous serez plus heureux, votre chien sera plus heureux, et la vie sera plus facile pour tout le monde. Alors pourquoi ne pas faire ce petit effort ? 🙂

Comment socialiser son chiot

Passons à du concret. Prenez une feuille et un stylo et notez toutes les situations qu’un chien est susceptible de vivre, selon vous. Réfléchissez jusqu’au plus insignifiant des détails. Peut-être que certains points ne vous prendront même pas une journée à la socialisation de votre chiot, et d’autres vous demanderons sûrement plus de temps. Dans tous les cas, plus vous le socialiserez, plus vous aurez un chien bien dans ses pattes 😀

Un exemple pour bien comprendre : le train

Prenons, en exemple, la socialisation avec le train. Commencez par trouver un endroit d’où vous pouvez apercevoir des voies ferrées. Il faut que vous soyez à une bonne distance pour que le chien n’ait pas peur, mais suffisamment proche pour qu’il se rende compte de cette grosse bête métallique qui passe. Regardez sa réaction lorsque vous apercevrez un train.

Pour l’aider à être à l’aise, jouer avec lui, donnez-lui des friandises et faites-en sorte que la situation soit positive et amusante. S’il semble ne pas être effrayé, approcher vous de quelques mètres et recommencer. Allez-y progressivement, le mot d’ordre ici est la patience.

Ayez vraiment l’air de vous amuser et inciter le à faire de même. Il faut qu’il comprenne qu’il n’a aucune raison d’avoir peur. N’hésitez donc pas à récompenser votre chiot de manière abondante et d’exagérer votre enthousiasme. Pour lui changer les idées, et s’il est capable de se concentrer suffisamment, vous pouvez également pratiquer de l’éducation de base en entraînant par exemple le “assis” ou “couché”. Mais chaque pas, même le plus petit, devra être généreusement récompensé!

En cas de peur du chiot

Si vous remarquez que votre chien n’est vraiment pas rassuré, reculez de quelques pas jusqu’à ce qu’il retrouve son calme, et recommencez. Ne poussez jamais trop votre loulou, car agir ainsi risque de le traumatiser et vous aurez donc fait tout l’inverse de l’idée originale. Allez-y progressivement et patiemment. Selon Zak George, auteur du livre “Zak George’s Dog Training Revolution”, plus vous irez lentement dans le processus, plus les progrès apparaîtront rapidement.

Deuxième étape : entrer en gare

Une fois que vous aurez réussi à vous rapprocher au plus près des voies ferrées (cela pourra vous demandez plusieurs séances de socialisation avant d’y arriver), passez à l’étape suivante et rendez-vous dans une gare. Procédez ensuite de la même manière lorsque vous vous approcherez du bord du quai. Commencez à bonne distance, regardez-les trains passer, et approchez-vous petit à petit jusqu’à pouvoir être au bord du quai lorsque le train entre en gare.

Finalement, entrer dans le train

Une fois que votre chien sera à l’aise avec la présence de voies ferrées, de trains et d’être dans une gare, vous pourrez songer à interagir avec le train. Du point de vue de votre chien, le train est bel est bien une espèce vivante qui bouge toute seule et avec qui il faut “interagir”.

Recommencez donc une nouvelle fois le processus (habituation à distance, puis se rapprocher petit à petit), mais cette fois-ci pour les portes qui s’ouvrent et se ferment. Une fois cette étape franchie, vous pourrez enfin entrer dans le train sans peur que votre chien ne le prenne mal, victoire ! 😀

En conclusion

Comme vous pouvez le constater, la socialisation est quelque chose qui peut prendre beaucoup de temps (cela dépend à quel point votre animal s’habituera vite ou non). Être patient est donc essentiel pour le bon déroulement du processus. Plus vous irez lentement, plus les résultats apparaîtront rapidement.

Ne poussez jamais trop votre chiot. S’il ne semble vraiment pas à l’aise, revenez à l’étape précédente et reprenez la socialisation ici. Le forcer inutilement n’aura pour seul effet de le traumatiser, et le travail deviendra beaucoup plus compliqué.

Voici quelques exemples (il en existe des tonnes !) de point à travailler en socialisation :

  • L’aspirateur,
  • Monter des escaliers,
  • Les gens en uniformes,
  • Les voitures,
  • Les travaux,
  • Etc…

Une vidéo vous permettrait-elle d’être plus au clair sur les principes de cet article ? La voici 🙂 :

Vidéo – La socialisation du chiot, aussi à la maison !

Avez-vous déjà socialisé votre chien et sur quels sujets avez-vous travaillé ? Comme toujours, vos commentaires, réactions et questions sont les bienvenus.

Photos Flickr par : Taylor Bennett et poscochile / Hugh Honeyman.


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